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L’objectif de bénéfice d’IAG pour Avios montre que la fidélité devient aussi stratégique que les vols

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International Airlines Group a fixé un objectif ambitieux à moyen terme pour IAG Loyalty, visant à porter l’activité articulée autour d’Avios vers un bénéfice d’exploitation d’un milliard d’euros. Pour British Airways, Iberia, Aer Lingus, Vueling, Qatar Airways, Finnair et les autres partenaires liés à Avios, le message est limpide : les programmes de fidélité ne sont plus une simple activité secondaire adossée aux opérations aériennes.

Une ambition à un milliard d’euros pour la fidélité

IAG a mis à profit sa récente journée investisseurs dédiée à la fidélité pour mettre en avant le potentiel de croissance d’IAG Loyalty, l’entité qui chapeaute Avios et British Airways Holidays. Le groupe vise environ un milliard d’euros de résultat d’exploitation à moyen terme, soutenu par des marges élevées, une solide conversion en flux de trésorerie disponible, la croissance du nombre de membres et un engagement renforcé des adhérents actuels.

Cet objectif est capital car il pose un chiffre précis sur un constat formulé par les dirigeants de compagnies aériennes depuis des années. Les programmes de fidélité ne sont pas de simples outils marketing : ce sont de véritables plateformes financières qui génèrent du cash, vendent des devises à des partenaires, orientent le comportement des clients et renforcent la résilience du groupe lorsque les opérations aériennes sont sous pression.

Avios va bien au-delà de British Airways

Si Avios a d’abord été la monnaie de fidélité bien connue des clients de British Airways, elle s’inscrit aujourd’hui au cœur d’un écosystème bien plus vaste. Utilisée par les compagnies d’IAG, elle s’est déployée à travers des partenariats intégrant des transporteurs extérieurs au groupe. Qatar Airways et Finnair sont toutes deux devenues des acteurs majeurs du paysage Avios, rendant la devise d’autant plus attractive pour les voyageurs oneworld au-delà de Londres et de Madrid.

Cette présence élargie est précieuse, car une monnaie de fidélité gagne en puissance lorsque ses membres disposent de davantage de moyens pour cumuler et utiliser leurs points. Les vols restent centraux, mais les cartes bancaires, les achats du quotidien, les hôtels, les locations de voiture, les abonnements et les forfaits de voyage permettent de maintenir l’engagement, même lorsqu’un client ne prend pas l’avion tous les mois.

Pourquoi les compagnies plébiscitent la fidélité en période de choc pétrolier

Le calendrier n’a rien d’anodin. Les compagnies aériennes font face à une année 2026 difficile, marquée par la hausse du prix des carburants et des perturbations d’exploitation qui pèsent sur les marges. Les programmes de fidélité offrent un profil de rentabilité très différent des opérations de vol, car ils sont bien moins tributaires d’une liaison précise, d’un type d’appareil ou des contraintes d’un aéroport.

Pour autant, la fidélité n’est pas exempte de risques. Ces programmes reposent sur la confiance, la valeur d’utilisation des points, le modèle économique des partenaires et une gestion rigoureuse de la disponibilité. Si les adhérents ont le sentiment que les billets primes deviennent trop chers ou trop difficiles à réserver, la devise perd son attractivité. Mais lorsqu’elle est bien gérée, la fidélité procure aux groupes aériens une activité à forte marge capable d’amortir la volatilité des opérations aériennes.

Ce que cela implique pour les grands voyageurs

Pour les voyageurs, l’objectif d’IAG donne une indication claire sur l’orientation future des investissements produit et des priorités commerciales. Il faut s’attendre à davantage d’opportunités de cumul auprès de partenaires, des offres plus personnalisées, une offre accrue de forfaits vacances, une intégration numérique renforcée et des efforts accrus pour placer Avios au cœur de la planification des voyages au quotidien.

Le revers de la médaille réside dans le fait qu’une pression commerciale accrue peut également se traduire par des restrictions plus strictes sur les billets primes ou par une tarification dynamique plus marquée. L’opportunité, en revanche, est qu’un écosystème Avios plus large facilite l’accumulation de points et rend leur utilisation plus fluide entre différentes compagnies et prestations de voyage. L’ambition d’un milliard d’euros affichée par IAG ne se résume donc pas à un simple discours destiné aux investisseurs : elle confirme que la prochaine bataille de la concurrence aérienne se jouera tout autant au sein des comptes de fidélité qu’à bord des avions.

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